dimanche 11 novembre 2007

Ville 2.0, la ville complexe et familière



L’emprise des nouvelles technologies et principalement d’Internet progresse sur tous les territoires.

Leur puissance accompagne la primauté de l’individu rendu à la fois surpuissant et insignifiant par sa capacité à dominer simultanément la masse considérable d’informations, et la démesure de l’exercice d’orientation et de repérage nécessaire à sa maîtrise.

Chaque occupant de la planète se situe dans un réseau de relation toujours plus complexe: la famille, le milieu professionnel, le voisinage, les connaissances liés à une activité librement choisi.

Il bénéficie également d’un environnement de commerces et de services qui peut revêtir une part plus ou moins importante du faisceau de relations qu’il entretient

Pour certaines personnes âgées, le seul contact avec l’extérieur peut consister en un appel de télémarketing. Insignifiant dans un monde cet appel peut devenir essentiel dans un autre.

L’irruption de la Toile dans notre vie a dans le même temps modifié les modalités de nos relations antérieures et créé de nouveaux potentiels sur la quasi-totalité des champs de nos réseaux de relations préexistants.

Illustration

Les questions de santé ont longtemps été liées exclusivement à la relation patient-médecin et à l’expérience familiale. Le Net a à la fois introduit une capacité supplémentaire d’appropriation de sa santé par l’individu lui-même, modifié la relation avec le médecin dont le savoir peut être aisément comparé, et modifié les relations familiales dans l’appréciation que l’on peut avoir de la santé de l’autre. Tout symptôme devient interprétable par le néophyte.

S’il n’a jamais soigné personne, on imagine cependant l’impact d’un tel outil sur les comportements et la part qu’il peut prendre progressivement dans la construction de chacun d’entre nous.


Pas si virtuel que ça !


Dans l’ordre des valeurs le virtuel reste souvent en opposition et de moindre considération que le réel, la relation incarnée, certains disent charnelle restant le modèle dominant.

Il n’exclut cependant pas l’émotion qui elle reste bien réelle et donc susceptible comme la poésie ou le cinéma de toucher l’individu au plus profond de lui-même.

Tous ceux qui ont expérimenté les univers du jeu ou de la représentation avancée comme Second life le savent bien derrière le virtuel l'humain avance souvent masqué.

Retour sur la Ville

Les différences qui peuvent s’introduire entre le connecté et celui qui ne l’est pas, entre des territoires d’internautes et des territoires de débranchés, entre des experts d’un usage diversifié d’Internet et des Internautes subissant.


L’objet de la thématique lancée par la FING autour de la Ville 2.0 vise précisément à étudier et réfléchir sur le devenir de la Ville à l’aune du développement du web.

Quatre grands thèmes ont été retenus pour aider à la construction de cette réflexion :

La ville complexe et familière
La ville, plateforme d’innovation ouverte
Une mobilité plus libre et plus durable
Le 5eme écran


Pour votre gouverne ce 5e écran se compose de la panoplie :

1) des dispositifs
publics technologiques (panneaux, bornes et autres),
2) des supports publics
sans écrans, mais qui dialoguent avec les terminaux personnels dotés d'écran
(mobiles, smartphones, iPod et autres lecteurs, audio-vidéo, consoles de jeux…),
3) voire, par extension, avec d'autres "terminaux" qui n'en sont pas dotés
(cartes sans contacts, puces RFID…),

4) du jeu des mobiles eux-mêmes, car "le
système d'exploitation de la machine individuelle devient un système
d'exploitation de serveur "

Intéressons nous à ce concept sympathique de «ville complexe et familière ».

Il s’agit que l’Internet et sans doute dans un second temps les nanotechnologies augmentent la capacité relationnelle des individus sans rien supprimer.

Les nouveaux outils doivent être faciles d’accès et non discriminant socialement ou en fonction d’un handicap quelconque.

La fracture numérique doit être comblée et au-delà des fractures géographiques (les zones blanches) et technologiques (les débits) c’est la fracture sociale numérique qui doit être combattue.

Les différences dans l’accès se doublent d’une familiarisation différenciée dans l’usage d’Internet qui conduit souvent à un accroissement de cette fracture.

Ce qui est demandé à l’Internaute, c’est d’être à la fois lecteur et bibliothécaire. Il doit se repérer dans des rayonnages infinis et doit être guidé dans cette tâche.

Les questions d’accès, de débit, de mise à disposition de matériels doivent donc être traitées dans le même temps que des actions éducatives sont mises en œuvre pour permettre de rendre pertinent l’Internet pour chacun.

L’école, les associations, les espaces multimédia publics ou privés doivent jouer un rôle dans cette dissémination croissante des nouvelles technologies.

Notons que les deux pays au monde qui obtiennent les meilleurs résultats scolaires sont l’un et l’autre, la Finlande et la Corée, avec des cultures très différentes très investis sur la question des technologies dans l’éducation.

Hors de l’école les actions menées participent également du développement du lien social et peuvent constituer des prétextes pour la mise en œuvre d’action collective sur d’autres thématiques.

Aprés Internet dans la Ville nous pourrions nous interesser à la Ville comme modèle de représentation et cadre des relations virtuelles sur le web.

A quand des projets d'urbanisation sur le modèle de second life et alii dans la Ville réelle.