lundi 31 décembre 2007

Le réchauffement climatique, Al Gore, les vendanges et le doute.






Les dernières décisions du GIEC mettent en évidence des hypothèses de réchauffement substantiel pour le prochain siècle.
Tout semble parti de ce que les climatologues appellent la courbe en crosse de hockey qui met en évidence un emballement du réchauffement depuis le milieu du XIXeme siècle.

C’est cette courbe qui fait la fortune d’ Al Gore et qui guide sa démonstration.
Cette démonstration met l’accent sur le rôle du CO2 dans le réchauffement climatique.
Al Gore illustre ensuite les conséquences du réchauffement par toutes une série de phénomènes constatés : la disparition des neiges du Kilimandjaro, l’assèchement du lac Tchad, la multiplication des ouragans etc.…
Des voix se sont élevées pour contredire cette thèse autour de deux questions principales.

La première vise une remise en cause de la partie illustrative de la démonstration d’Al Gore. Sur ce point il semble bien que l’ex vice- président ait poussé le bouchon un peu loin et qu’à la suite de différentes controverses sur la quasi-totalité des points évoqués il ait lui même reconnu que la nécessité de marquer les esprits l’a conduit à prendre quelques libertés avec le consensus scientifique du moment.
C’est ce fameux consensus qui a été retenu dans un jugement entre un parent d’élève et l’administration britannique.
Ce parent d’élève Stewart Andrew Dimmock a jugé bon de poursuivre le gouvernement britannique devant la justice de sa majesté au seul motif que le film d’Al Gore aurait du présenter une mention (one sided thesis) indiquant que le film présente une thèse parmi d’autres.

Le juge embarrassé par la question a auditionné les spécialistes britanniques des différentes disciplines évoqués dans le film d’Al Gore et a conclu à la partialité de la thèse. Deux savants ont spécifiquement déposé à charge devant la cour sur le sujet Robert M Carter et Lord Monckton.
11 inexactitudes ont été retenues dans l’argumentaire du film (traduction effectuée sur le site bafweb) :
1. Le film prétend que la fonte des neiges au Mont Kilimandjaro est une preuve du réchauffement climatique. L'expert du Gouvernement a été forcé de reconnaître que cela n'était pas correct.
2. Le film utilise des images à forte teneur émotionnelle ("emotive") de l'ouragan Katrina et suggère que le réchauffement climatique en est la cause. L'expert du Gouvernement a dû accepter qu’il n'était "pas possible" d'attribuer des événements uniques en leur genre ("one-off") au réchauffement climatique.
3. Le film montre l'assèchement du Lac Tchad et prétend que c’est une conséquence du réchauffement climatique. L'expert du gouvernement a dû convenir que ce n'était pas le cas.
4. Le film prétend qu'une étude montre que des ours polaires se sont noyés à cause de la fonte des glaces arctiques. Il s'est révélé que M. Gore a mal lu ("misread") l'étude ; en réalité quatre ours polaires se sont noyés à cause d’un orage particulièrement violent.
5. Le film avertit ("threatens") que le réchauffement climatique pourrait stopper le Gulf Stream et renvoyer l'Europe à l'âge de glace. Les preuves du plaignant (the Claimant's evidence) montrent que c’est une impossibilité scientifique.
6. Le film accuse le réchauffement climatique d'être à l'origine de la disparition d'espèces, dont la décoloration ("bleaching) des récifs de corail. Le Gouvernement n'a pu trouver de preuves permettant de corroborer cette affirmation.
7. Le film suggère que la calotte de glace du Groenland pourrait fondre et entraîner une hausse alarmante du niveau des mers. Les preuves montrent que le Groenland ne pourra pas fondre avant des millénaires.
8. Le film suggère que la calotte antarctique est en train de fondre. Les preuves montrent que leur volume augmente.
9. Le film suggère que les mers pourraient augmenter de 7 mètres, entraînant le déplacement de millions de personnes. En réalité les preuves montrent que la hausse prévue du niveau des mers est de 40 cm sur les cent prochaines années et qu'il n'y a pas de menace d'un déplacement massif de population.
10. Le film prétend que la hausse du niveau des mers a causé la dérive de certaines îles du Pacifique en direction de la Nouvelle Zélande. Le Gouvernement n'a pas été en mesure de corroborer cette affirmation, et la Cour a noté que cela ressemblait à une fausse affirmation.


La seconde vise le fondement de la théorie actuelle sur le réchauffement climatique et le rôle des activités humaines sur son évolution.
Et sur ce sujet, notre juge de la science et des scientifiques indique que le film suggère que les données ("evidence") des calottes glaciaires ("ice cores") prouvent que l'augmentation du CO2 entraînait une hausse des températures sur 650 000 ans. En conclusion il considère ("found") que le film est trompeur ("misleading") car sur cette période l'augmentation du CO2 était en retard de la hausse des températures de 800 à 2000 ans.

Dans le même ordre d'idée, un site américain présente un contre argumentaire complet des thèses de l'ex challenger de Bush, son caractère pédagogique mérite d’être noté, de l’anti Al Gore en quelque sorte.
Ses défenseurs (ici) ont bien sûr leur réponse et expliquent que le réchauffement climatique débute cycliquement (le cycle durant 5000ans environ) au terme d’une période plus froide pour des raisons indépendantes du CO2 et sans doute en relation avec une variation des apports solaires. Ce premier réchauffement est lui-même libérateur de CO2 a priori présent dans les profondeurs océaniques pendant les périodes glaciaires.
«En d'autres termes, le CO2 ne déclenche pas le réchauffement, mais joue un rôle d'amplificateur une fois que celui-ci est en cours. Selon des estimations de modèles, l'effet du CO2 (avec celui du CH4 et du N2O) permet d'expliquer la moitié du réchauffement total se produisant lors des transitions glaciaire interglaciaires.

Pour résumer, le retard du CO2 sur la température ne nous dit pas grand-chose sur le réchauffement global actuel. Son estimation est cependant un élément intéressant pour comprendre le mécanisme à l'origine de l'augmentation du CO2 à la fin des périodes glaciaires. Ces 800 ans sont équivalents au temps nécessaire pour ventiler l'océan profond sous l'effet de courants océaniques. Ainsi, le CO2 serait stocké dans l'océan profond au cours des périodes glaciaires, puis réinjecté dans l'atmosphère lorsque le climat se réchauffe). Jeff Severinghaus (traduit par Nicolas Caillon) sur Realclimate »
Le CO2 agit dans cette hypothèse comme un amplificateur de réchauffement dans une tendance cumulative. Les activités humaines progressant, elles ont accru plus fortement la teneur en CO2 de l’atmosphère contribuant à l‘augmentation en crosse de hockey observée par certains à partir de 1850.
Certains auteurs supposent de surcroît que cette variation de CO2 contre-nature aura pour effet de supprimer les variations cycliques de CO2 liés aux autres facteurs (apport solaire, géomagnétisme, effet des courants profonds). Nous rentrerions alors dans une phase de réchauffement ininterrompu que certains considèrent déjà comme une fatalité.
Notons que les critiques les plus radicales du réchauffement sont reproduites sur des sites néo-libéraux ou néo-conservateurs, les uns et les autres étant particulièrement remontés contre Al Gore. Dans le monde médiatique Claude Allègre fait néanmoins entendre une voix concordante hors de ce monde (lire la récusation de ses arguments ici ou ).

Certains nient le réchauffement climatique dans son ensemble, d’autres se contentent d’indiquer qu’indépendamment des analyses possibles du phénomène, la démarche d’ Al Gore est délibérément manipulatrice.
Il est amusant de noter que le scepticisme sur l’impact économique, social et environnemental a changé de camp, Emmanuel Leroy-Ladurie dans son Abrégé de l’histoire du climat indique que lorsqu’il a commencé à s’intéresser à ces questions en 1955, les marxistes qui battaient la mesure de la recherche historique se refusaient à prendre en compte cette question comme susceptible d’avoir influencé l’histoire.

Dans un cas les règles du matérialisme historique ne devaient pas être perturbées et seuls les rapports de force méritaient d’être pris en compte comme moteur de l’histoire, du présent et du futur, dans l’autre le climat en se déréglant modifierait les lois du Royaume d’ Ekonomipur.
Pour le néophyte la juxtaposition de différents points de vue, provenant de spécialistes d’égale compétence académique présumée, rend difficile la construction d’une opinion définitivement établie.
En complément le point de vue de l’historien, E. Leroy-Ladurie, mérite d’être pris en compte.
Avec des indicateurs de facto très rustiques comme la taille des anneaux de croissance des arbres, les cérémonies visant à conjurer des évènements climatiques affectant les récoltes ou la date des vendanges, il tente à sa manière de reconstituer le climat du dernier millénaire.

Si ces points de repères sont rustiques, ils ont en revanche le mérite d’avoir existé antérieurement aux premières mesures de températures qui n’ont débuté qu’en 1655 à Londres.
E. Leroy Ladurie expose également leur bon niveau de corrélation avec l’évolution des températures observées physiquement dans la période où la comparaison est possible. Il insiste sur le bon de niveau de confiance à accorder à ce titre aux dates de vendange.
Ce sont donc les dates de vendange en Bourgogne de 1370 à 2004 que nous avons choisi de prendre en compte.

Les dates présentées par E. Leroy -Ladurie ont été recalculées comme le nombre de jour séparant la date des vendanges du 30 octobre en nombre positif.
A titre d’exemple une vendange réalisée le 20 octobre sera affectée d’une valeur 10.
Les vendanges précoces étant apparemment très bien corrélées avec la chaleur des étés sur la période juin juillet août, elles permettent de vérifier l’impact du réchauffement sur la météo estivale, un peu dans l’esprit des conclusions qui ont été tirées de la canicule de 2003.


Ce graphique présente simultanément les dates de vendanges annuelles (en bleue), la date moyenne glissante sur ans (en rose) et une régression polynomiale* (en rouge) de l’ensemble de la série de données.
Plus l’écart est grand entre la date des vendanges et le 31 octobre, plus l’été peut valablement être considéré comme chaud.
On notera par exemple le pic de 2003 avec des vendanges débutant le 18 août qui s’avère unique sur la période.
Pour le reste on constate une grande variabilité des situations climatiques avec des périodes + chaudes, des périodes + froides mais également des années froides ou chaudes quelque soit la tendance du moment.

On peine également à repérer l’effet d’un phénomène cumulatif particulièrement marqué à compter de 1850 même si on constate une inflexion à la hausse de la droite de régression à compter de la fin du 17eme siècle.
On constate en revanche une inflexion particulièrement nette à partir de 1975 qu’il est difficile d’interpréter sans reformuler différentes hypothèses qu’E. Leroy Ladurie se garde d’ailleurs de trancher.
Une hypothèse catastrophe reste possible avec une inflexion structurelle liée au CO2 qui d’effet retard en effet retard aboutirait à un réchauffement extrêmement rapide à partir de 1975.

Une hypothèse sur une manifestation classique de la variabilité du climat qui a l’instar d’autres périodes comme la fin du 17eme siècle présenterait un pic avec un raisonnable espoir de retour vers des températures plus clémentes, cette variation n’excluant pas par ailleurs une évolution tendancielle mais mesurée à la hausse des températures.
Dans un cas comme dans l’autre l’approche historique ne semble pas permettre de trancher la controverse scientifique et le doute reste roi.

Reste l’intime conviction de l’historien et sur ce point E. Leroy Ladurie reste d’une grande prudence, tout juste laisse-t-il transparaître son souci d’un nécessaire respect des thèses en présence pour continuer à avancer.
A qui doit donc profiter le privilège du doute ?
Le réchauffement de la planète n’est pas, loin s’en faut, le seul moteur d’une prise en compte radicale des préoccupations environnementales.
L’économie des ressources finies, l’indépendance énergétique, le maintien d’un niveau de vie acceptable dans les pays développés, une réelle possibilité de développement pour les autres et la santé pour tous constituent autant de motifs indiscutables de réduire nos consommations d’énergie et donc de CO2.

En conclusion, le pari de Pascal mérite une fois de plus d'être tenté. Y croire ne portant pas préjudice, le réchauffement climatique lié au CO2 reste l'hypothèse acceptable en ce qu'il rend prévoyant pour l'avenir.

vendredi 28 décembre 2007

Les HLM s'invitent chez Attali.




Le numéro de décembre d' Actualités Habitat, une revue éditée de manière assez confidentielle par l'Union sociale pour l'habitat, expose la position de cette organisation forte de 4 000 000 de logements sociaux concernant les propositions de la commission Attali sur le logement et la croissance.
En premier lieu de réelles convergences sont affichées sur les conditions du développement de l'offre foncière. Sont notamment réaffirmées les nécessités de rendre cohérents 2 types de documents de planification locale: les plans locaux d’urbanisme et les programmes locaux de l'habitat.

Les premiers sont censés définir des espaces constructibles en conformité avec les besoins mis en évidence dans les seconds. En réalité ces documents ont le plus souvent été établis sans lien, ce qui rend quasi impossible la réalisation des logements nécessaires.

On peut d'ailleurs se demander pourquoi avoir créé 2 documents distincts.

Les HLM marquent également leur accord sur la nécessité d'appliquer réellement la loi SRU qui fixe le quota minimum de logements sociaux pour chaque commune en laissant le Préfet imposer la loi en cas de défaillance locale.

En second lieu l'Union sociale de l'Habitat sait remettre quelques pendules à l'heure face à l'intelligence trop définitive des membres des commissions Attali.

Elle rappelle notamment que les logements HLM consomment 30% moins d'énergie que les logements privés, et que si la consommation d'eau s'établit à 150 litres par personne dans le privé elle se limite à 100 litres dans le parc HLM.

Elle rappelle également qu'en moyenne les loyers HLM sont de l'ordre de 2 fois inférieurs aux loyers dits de marché.

Elle insiste enfin sur la qualité des organismes HLM qui sont le plus souvent des PME à forte implication locale et qui à ce titre offrent une réelle qualité de service. Certaines de ces entreprises présentent d'ailleurs des niveaux de satisfaction de leurs locataires très élevés, parfois supérieurs à 85%.

Notons au passage que la commission Attali en souhaitant constituer des entreprises HLM plus importantes par regroupement est en totale contradiction avec une de ses affirmations les plus récurrentes sur la souplesse et la créativité des PME.

Les enquêtes réalisées par les organismes HLM montrent d'ailleurs que la qualité de service semble décroître au delà d'une certaine taille d’entreprise (+ de 15000 logements).

Pour la commission, la PME serait vertueuse pour tous les secteurs d'activité sauf pour l'activité HLM.

L'Union sociale pour l'habitat sait également exposer ses stigmates de rhumatisant en restant réticente sur l'accession à la propriété, et notamment celle des locataires HLM et en refusant de traiter au fond la question de l'occupation du parc social par des personnes aux revenus trop élevés.

En conclusion, on voit transparaître dans cette contribution la situation de l'habitat social en France.

Un système et un vrai savoir faire, incarnés par 60 000 salariés, qui ont su faire mieux que le privé en matière de développement durable: énergie et eau, mais également en matière de développement du lien social dans les quartiers difficiles ce dont on parle peu.
Ce système a également permis de limiter les loyers à des niveaux qui permettent le maintien dans les lieux des personnes les plus pauvres.

Dans le même temps, ces professionnels de l'habitat peinent à négocier les virages imposés par l'évolution de la société. Ils continuent à opposer la primo accession au locatif social "la vente HLM doit certes être développée mais non rendue systématique alors que l'offre locative sociale est insuffisante" et à croire que la mixité sociale serait le fait de quelques riches présents dans les HLM "la commission (Attali) souhaitant la mixité sociale, ceci nécessite d'accueillir aussi les ménages les moins pauvres en HLM".

Tout cela semble faire fi de deux évidences.

Premièrement un locataire qui achète c'est un demandeur potentiel de logement de moins et donc cela ne nuit pas rapport offre demande dans le locatif. Il convient simplement de laisser une part suffisante au logement locatif dans l’ensemble du patrimoine disponible ce qui ne semble pas problématique dans l’immédiat.

Deuxièmement tout le monde comprend bien qu'il faille accueillir des locataires jusqu'à 3 à 5 SMIC selon que l'on est en province ou à Paris, personne ne comprend en revanche que l'on puisse y accueillir des ménages jusqu'à 10 SMIC.

En fait, les primo accédants sont issus des même couches de la société que les locataires HLM et peuvent précisément contribuer à la mixité des immeubles et des quartiers en acquérant leurs logements là où ils étaient locataires. A contrario, les locataires riches résident le plus souvent dans des HLM de luxe où la question de la mixité ne se pose quasiment pas.

dimanche 23 décembre 2007

Logement social et aristocratie d' Etat










Les faits récents concernant le logement dans le parc public de hauts fonctionnaires et de personnalités politiques importantes, posent la question du démantèlement nécessaire d’une aristocratie d’Etat, qui subsiste dans notre pays et qui joue du légal contre l’immoral, pour préserver ses avantages et ses prébendes.
Après Bolufer, Chevènement s’est fait prendre la main dans le pot de confiture alors qu’il loue non pas 1 mais 2 logements sociaux, un à Paris et un à Belfort.
L’un comme l’autre mettent en avant leur bon droit, et force est de reconnaître que le droit leur est favorable tant nos règles semblent inadaptées.
L’Etat se montre ainsi sous son vrai jour.
Légitime et moderne quand il s’agit d’assurer la cohésion nationale par un effort de solidarité, l’essence même du logement social, l’Etat apparaît également archaïque dans sa protection des élites et profondément injuste dans l’usage de ses ressources à savoir l’impôt.
Réconcilier ces deux attitudes contradictoires est sans doute l’un des enjeux les plus lourds des prochaines années si l’on souhaite fonder sur la confiance la relation politique.
La nation ne pourra pas en effet tolérer plus longtemps un Etat qui à l’insu de son plein gré est égalitaire pour tous au profit de quelques uns.
Cette situation se constate d’ailleurs pour la plupart des services publics qui comme la santé ou l’éducation masquent sous le discours de l’égalité, une pratique inégalitaire qui privilégie les plus riches, les plus informés les plus interventionnistes et ceux qui ont dans leur entourage des copains riches, informés ou interventionnistes.
En matière de logement la loupe est encore plus déformante et révèle exclusivement l’influence pour elle même que l’aristocratie d’Etat a su conserver au travers du temps.
Cette aristocratie d’Etat ne mobilise pas ces capacités pour rien et limite ses prébendes aux situations à forte valeur ajoutée, qui lui permettent indépendamment de ses revenus, qu’elle juge toujours insuffisant, de se maintenir dans la cour des grands, c’est-à-dire des plus riches.
Un préfet, un homme politique important, un membre des grands corps de l’Etat, si gradé soit-il, ne peut plus se payer un logement à Paris alors même qu’il est en poste en province, le patrimoine public sera mis à profit pour lui conserver ce privilège.
Le plus étonnant réside dans le caractère parfaitement légitime pour les intéressés eux mêmes de cette situation, qu’ils décrivent comme l’usage légal de la part privé du parc public de logement.
Ils acceptent par là-même que l’Etat ou les collectivités publiques qui n’ont plus la capacité de réaliser des logements sociaux dans le centre de Paris investissent plus encore pour offrir des logements à ceux qui en ont le moins besoin.
Ils l’acceptent parce qu’ils se sentent différents et qu’ils imaginent que la collectivité leur est spécifiquement redevable.
Ils l’acceptent parce que le plus souvent, ils confondent le droit et la morale comme ils distinguent sans vergogne le discours pour les autres ou discours politique et le plaidoyer pro domo qu’ils n’hésitent pas à faire valoir auprés des services gestionnaires de ce qu’ils considèrent être les avantages de leurs charges.
L’actualité nous montre que ceux qui pourfendent les dépassements de ressources chez les locataires HLM ou la plus value potentielle réalisable par un locataire HLM qui achète son logement savent choisir, sous louer, faire repeindre et cumuler l’occupation de logements publics.
Quand la perception de tous et les intérêts de quelques uns sont à ce point irréconciliables, la règle doit évoluer et la proposition de Denis Baupin élu Vert de Paris de rendre a minima tout le parc public, définitivement social, est à tous égards salutaire.
Au même titre, la proposition de Nicolas Sarkozy de limiter le maintien dans les lieux dans le parc HLM pour ceux qui disposent de moyens suffisants pour se loger dans le parc privé, constitue sous réserve d’application une véritable avancée
Si tel était le cas et si les petits marquis devaient déménager, eu égard à leur extrême qualité présumée, la mise en place d’un soutien psychologique s’avérera sans doute nécessaire face à l’ébranlement de tant de certitudes. Une quote-part des loyers HLM perçus sur les logements ainsi libérés et occupés par les sans logis qui en ont bien besoin, pourrait sans doute être affectée à cette fin.
Bon Noël à tous...

A propos de la vente HLM


Ayant publié sur Agoravox un texte de mon Blog traitant pour une part de la vente HLM, j'ai reçu ce commentaire que je publie ici parce qu'il me semble en dire plus long sur l'intérêt de la vente de logements HLm à leurs loctaires que bien des discours.


" ....

Je vous explique.

J’habite depuis presque 27 ans, un petit immeuble du 11 ème arrondissement, petite rue calme, mais assez moche, un appartement fonctionnel, assez bien agencé. Depuis l’installation de ma petite famille ( mon fils de 26 ans est né et a toujours vécu ici ) nous avons vu défiler au moins 5 ou 6 bailleurs institutionnels, avec, à chaque fois, augmentations et galères invraisemblables pour se maintenir dans les lieux, à cause d’un loyer qui, par moments, était vraiment trop élevé pour nos moyens modestes, allant jusqu’à 50, 60, voire 70% de nos revenus de l’époque !...

Nous étions artisans, et je peux vous dire que j’ai, à une époque, connu presque tout ce que Paris compte d’huissiers !...mais nous étions très attachés à notre appartement, mon mari y avait fait beaucoup de travaux, et nous voulions le garder coûte que coûte...

Enfin, est arrivé le dernier bailleur, la société GECINA, entreprise connue pour ses ventes nombreuses à la découpe...inutile de vous dire que, quand la gardienne nous a annoncé que l’immeuble était en vente, il y a un an, nous avons vraiment été très, très, inquiets...impossible d’avoir un quelconque crédit bancaire, du fait de notre situation professionnelle, trop " à risque " pour un banquier...

Aussi, je ne vous décrirai pas la joie que j’ai éprouvée quand j’ai appris que nous étions rachetés par l’Opac ! Bien-sûr, certains locataires ont un peu tiqué quand ils ont vu s’installer dans " leur " immeuble des gens un peu "limite " , alcoolos notoires et visiblement très désocialisés, mixité sociale oblige ! mais moi, je suis très contente, mon loyer a un peu diminué , suite à l’enquête annuelle concernant les revenus...

Nous sommes dans la situation type de la grande masse de Parisiens à revenus moyens, pour lesquels acheter à Paris est devenu impossible, même après trente ans d’activité professionnelle, et louer dans le privé inaccessible aussi.

Nous avons eu beaucoup de chance, je le reconnais, je ne sais vraiment pas dans quelle situation nous serions actuellement, si l’immeuble avait été vendu à la découpe...

Mais, voyez-vous, et très sincèrement, mon voeu le plus cher serait de pouvoir acheter mon logement. je ne chercherai pas à le revendre en faisant une plus-value - ce qui est d’ailleurs impossible à réaliser avec l’achat d’un logement HLM - mais juste pouvoir faire en sorte que mon mari puisse enfin se "poser ", à 54 ans, après une vie de travail, dure,dans le bâtiment, et sans beaucoup de compensations.

Après tout, avec tout l’argent que nous lui avons consacré depuis ces presque trente années, il serait déjà à nous, ce foutu appartement !...."

mercredi 19 décembre 2007

Décembre 2007, nouvelles mesures pour les HLM: à qui profitera le crime?


Le gouvernement a contracté avec l’Union sociale pour l’habitat la mise en vente de 140 000 logements HLM versus USH (1) ou la vente de 40 000 logements versus gouvernement.

Le Président de la République dans son discours de Vandoeuvre avait déjà mentionné cette possibilité tout en indiquant par ailleurs son souhait de voir libérés les logements HLM par les personnes dont les revenus sont devenus supérieurs aux plafonds, par ailleurs raisonnablement élevés (2) et par les ménages qui bénéficient de logements manifestement trop grands.

Dans l’esprit du discours de Vandoeuvre ces logements libérés seraient mis à la disposition des pensionnaires des centres d’hébergement pour lesquels tout le monde s’entend à reconnaître que les débouchés en logements sociaux ou privés s’avèrent totalement insuffisants.

Une inévitable bataille de chiffre s’est immédiatement faite jour autour du nombre de logements libérables : 400 000 pour les uns, 160 000 pour les autres, d’autres encore stigmatisant le risque de remettre en cause la mixité sociale des quartiers difficiles.

Information incidente, le directeur de cabinet du ministre du logement dont on peut raisonnablement penser les revenus suffisants, serait logé, en complète légalité d’ailleurs dans un logement de la Ville de Paris (3) à un peu plus de 6 euros le m2 ce qui correspond à 60% du prix pratiqué dans un centre de ville moyenne française.

En quoi ces quelques informations sont susceptibles de nous permettre de mieux comprendre le fonctionnement du logement social ou public en France et de tenter d’entrevoir quelques solutions.

Premièrement nous apprenons que s’il manque de logements à finalité sociale dans le parc privé, il existe manifestement des logements pour les gens aisés dans le parc public ce qui tend à conforter la vision de Vandoeuvre. Notons au passage que tous les logements publics ne sont pas nécessairement des HLM et qu’il serait sans doute utile de régler définitivement cette question en conférant progressivement un statut « HLM » à l’ensemble de ce patrimoine public dévoyé dont la plus grande part se trouve sur la Ville de Paris

Deuxièmement, les logements qui pourraient être libérés au regard des revenus actuels de leurs occupants ou de leur sous occupation semblent promis à une double évolution possible : soit ils contribuent à accroître l’offre disponible pour les ménages les plus démunis, soit il pourraient être vendus à leurs occupants. Convenons qu’une des solutions est plus vertueuse que l’autre et qu’il serait plus convenable que les occupants les plus fortunés des logements sociaux ou publics ne puissent pas tirer avantage de leur caractère social pour acquérir à un prix très raisonnable des logements dont ils ont déjà tiré avantage pendant leur période locative.

Troisièmement nous pouvons raisonnablement douter du rôle de ces locations extra sociales sur la mixité. A en croire l’adresse de notre bienheureux haut fonctionnaire (Le Val de Grâce), peut être même contribue-t-il à la formation de ghettos de riches dont on ne dira jamais assez le rôle ségrégatif et déprimant pour le bas peuple. D’une manière plus générale il est fort peu probable que les plus aisés des occupants des organismes HLM aient fait des pieds et des mains pour se maintenir dans les quartiers les plus sensibles de notre pays. Les statistiques de la délégation interministérielle à la Ville en témoignent d’ailleurs largement.

En conclusion nous disposons actuellement d’un ensemble de propositions qui peuvent aboutir au meilleur ou au pire.

Au meilleur si l’accent est résolument mis sur la libération de logements indûment occupés dans le parc HLM au profit pour l’essentiel des ménages les plus démunis. Cette évolution souhaitable n’exclut d’ailleurs pas que les locataires ordinaires des HLM puissent acquérir leur logement et on peut s’étonner que les associations qui oeuvrent pour la mise en oeuvre du droit au logement ne cherchent pas plus à tirer avantage de ce potentiel de logements libérables.

Au pire si ces mesures aboutissaient au maintien dans les lieux des ménages les plus favorisés du parc social et public qui deviendrait propriétaires à bon compte cumulant l’avantage du bon prix à celui du bon loyer en reléguant les plus pauvres dans les quartiers les plus difficiles.



(1) L’USH, ou union sociale pour l’habitat regroupe nationalement l’ensemble des organismes HLM. A la demande de ses mandants cette organisation a tout mis en œuvre pour limiter la contrainte de la vente à une obligation de moyen, la mise en vente, et s’exonérer de l’obligation de résultat, la vente effective, souhaitée par le gouvernement.

(2) A titre indicatif pour un ménage comprenant 2 adultes et 2 enfants le revenu net mensuel équivalent au plafond d’accès au logement HLM classique (dit PLUS) s’élève à Paris à 5000 €.

(3) La Ville de Paris dispose de différents outils en matière de logement social la R.I.V.P., la SAGI
, et l'OPAC de Paris.



lundi 17 décembre 2007

Territoires, impôts, solidarité


Jean Marc Pasquet nous explique qu'une sortie de crise des finances publiques est envisageable par une redéfinition des missions et des moyens financiers afférents respectivement à l'Etat et aux collectivités territoriales.La question est de savoir si elle est souhaitable et comment elle s’appliquera. Il apparaît dans tous les cas salutaire que les collectivités locales soient responsabilisées sur l’argent qu’elles dépensent et que nous options pour l’un des deux systèmes possibles : l’autonomie financière des collectivités locales dans une logique d’équilibre des dépenses et des recettes ou la centralisation de l’impôt dans la main de l’Etat avec établissement d’une règle de répartition entre les collectivités.


Le système actuel qui marrie un semblant d’autonomie fiscale avec une chasse effrénée aux co-financements et aux subventions me paraît sans avenir, a fortiori s’il s’applique sur un découpage territorial incohérent qui ne correspond pas aux bassins de vie. Dans un cas comme dans l’autre il faudra définir ce qu’est une collectivité riche a priori contributrice ou une collectivité relativement plus pauvre a priori bénéficiaire des transferts entre territoires. Cela nécessitera sans doute un bon système d’évaluation et un large débat national susceptible de faire émerger le consensus.


Le cas de Paris me paraît tout à fait symptomatique à cet égard.
Du temps de Chirac (l’ex maire de Paris...) Paris était riche et les communes de banlieue n’avaient de cesse de le faire savoir. 20 ans plus tard, la sociologie de Paris ne s’est guère modifiée, et la valeur patrimoniale des actifs de la ville de Paris et des parisiens n’a cessé de croître, pour autant la Ville de Paris n’hésite pas à en appeler à la solidarité de la Région et de l’Etat pour aider Paris à résoudre les problèmes sociaux qu’elle concentrerait et à y favoriser l'arrivée ou le maintien des classes moyennes. J’ai même cru comprendre que Paris avait plus que jamais besoin de l’Etat, de la Région pour financer son programme de logements sociaux.
Vu de ma province, ce renversement semble plus relever d’une évolution des représentations que d’une réalité tangible, un parisien pourrait penser autrement, d’où la nécessité du débat et de l’évaluation.
Une autre question transparaît sans doute au travers de la juste répartition des recettes et des dépenses entre l’Etat et les collectivités, il s’agit du caractère re-distributif des différentes fiscalités.

On a l’habitude de dire qu’il existerait deux impôts re-distributifs : l’impôt sur le revenu et l’impôt sur la fortune.
C’est sur cette base que l’on considère que seul l’Etat peut assurer la péréquation sociale, il ferait en effet plus payer les riches.
La réalité me semble en fait un peu différente. La plupart des impôts locaux étant largement fondés sur la valeur locative des biens et donc en principe sur une partie de leur valeur de marché, ils constituent en réalité le plus gros prélèvement fiscal sur le capital et me semblent être à ce titre inégalement mais significativement re-distributifs.


A l’inverse l’Etat, qui se trouve dans la situation d’endettement que Jean Marc Pasquet illustre très bien dans son article, redistribue la fortune hypothétique des enfants de la génération actuelle au profit de la dite génération.
En conclusion, il me semble plutôt de bons sens de considérer les finances publiques dans leur ensemble (toutes collectivités confondues), et d’établir le meilleur équilibre possible entre recettes structurelles et dépenses, en limitant au strict minimum la capacité de prélèvement des collectivités dans les caisses de l’Etat qui constitue à de rares exceptions prés la seule communauté structurellement déficitaire du pays.

dimanche 16 décembre 2007

Le logement, la cuisine et le réglement


Vincent Bénard indique sur son Blog qu'en son temps Jean Prouvé grand architecte des années 50 s'était vu refusé l'agrément d'un projet par les fonctionnaires de l'équipement qui considéraient qu'un logement avec une cuisine au centre n'était pas digne des exigences de la République française.

La question de la cuisine au centre reste d'actualité.

Travaillant actuellement sur des modèles de maisons dite passives (à trés faible consommation énergétique) nous tentons de concilier l'économie énergétique, la bonne qualité d'usage et un faible coût.

Pour ce faire nous développons un concept de panneaux en béton sandwich avec beaucoup d'isolant au centre et des menuiseries intégrées. Ces panneaux composent un volume simple et trés ouvert au Sud autour d'un noyau central de pièces d'eau (cuisine et salle de bain)

Ce plan permet de réelles économies de construction et nos plans sous réserve des décisions définitives semblent aujourd'hui correspondre aux exigences de la République.

Il est vrai que la cuisine ouverte sur le séjour est passée par là et que les plans sont devenus plus souples.

Pour aller au delà de cette simple question des cuisines, les réglements d'urbanisme raffolent de régles énergivores: fixation de l'alignement, de la ligne de faîtage, positionnement fixe des entrées cochères sur les parcelles, imposition des toits à deux pentes avec indication des angles à respecter.

Travaillant sur la crise des concepts de l'urbanisme, je me demande en fait si le temps n'est pas venu pour faire face à toutes ces règles de définir un concept juridique au dessus des règles qui permettent de passer outre toute réglementation sous réserve que le projet proposé apporte la preuve qu'il est plus efficace énergétiquement dans des conditions économiques identiques.

L'intérêt d'un tel concept consiste en son adaptibilité au regard des évolutions technologiques.

A titre de comparaison, ls baux d'habitation comporten depuis plus 2 siècles une référence au comportement "de bon père de famille".

Les pères sont devenus des mères, la famille a été bouleversée, la plupart des occupants des logements n'ont plus d'enfants à leur domicile et pourtant le concept a tenu et évolué avec la société.

A défaut l'évolution des documents réglementaires prendra au moins 10 ans.

Eric

L'urbanisme communal en question


Petite contribution au débat en cours sur Blog Chez Belan


L'urbanisme a pour objectif d'organiser les territoires de telle sorte qu'ils répondent de manière optimum aux besoins des populations.

2 Millions de chômeurs, 1 millions de familles mal logées et un accroissement exponentiel des trajets domicile-travail plus loin, force est de constater que le compte n'y est pas.

La première réaction consiste à considérer qu'il s'agit là de questions générales qui dépasse la capacité d'action locale.

Mon point de vue est inverse et je pense raisonnable de considérer que pour une part une politique nationale n'est que la somme de micro-décisions locales qui fondent les résuktats obtenus

Prise au niveau de chaque commune ou par les communes dans le cadre inter-communal ces décisions sont conçues sur des espaces incohérents éloignés du fonctionnement des bassins de vie.

En l'absence d'une crtique externe de leur propre cadre d'intervention, les urbanistes reproduisent à l'infini et souvent théorisent, pour renforcer la force de ces décisions limitées mais cumulées aboutissant à l'incapacité constatée à répondre au besoin fondamentaux des citoyens sur leur espace.

Pour illustrer mon propos, voyons l'impact de deux notions simples: la mixité urbaine et le bon équilibre des espaces urbanisés et naturels.

Rien à dire à priori sur sur ces deux concepts au demeurant assez bateaux.

Appliqués sur nos espaces communaux incohérents, on aboutit à ce que chaque décideur ou chaque conseilleur local souhaite les respecter à son échelle d'intervention.

La moindre commune de France quelle que soit sa situation géographique va ainsi définir une extension de son territoire urbanisé, la préservation de ses espaces naturels, la création sur son territoire de zones d'équipement et d'activité. La commune contigue procèdera à l'identique et un patchwork fragmentaire se constituera à partir de multiples décisions apparemment cohérentes sur des espaces d'application incohérents.

En conclusion et pour ne pas être trop long je souhaiterais simplement que les urbanistes reconnaissent la crise de leurs représentations et que les experts acceptent leur impuissance à solutionner un problème fondamentament mal posé.

vendredi 14 décembre 2007

Le logement social by Sarkozy: mythe ou réalité.


Un discours de 14 pages exclusivement consacré au logement, l’expression d’une pensée cohérente qui « ne lâche rien » : une France de propriétaires, un coup de pouce au pouvoir d’achat et plus personne à la rue avec les HLM aux manettes.

Des chiffres, des ordres, des délais, le cocktail de l’efficacité est réuni, reste à apprécier la faisabilité réelle du projet.

En premier lieu un raisonnement simple, les logements pour les plus démunis existent dans le parc HLM sous réserve que ceux qui n’ont rien à y faire le quittent vers le parc locatif privé ou l’accession à la propriété.

400 000 logements libérables, 4 ans de production de logement sociaux nous dit-il.

Au-delà de la querelle de chiffre qui s’en est suivi, 200 000 logements au moins (5% du parc social) peuvent être ainsi libérés pour la plupart à Paris, en première couronne, et dans les plus grandes villes.

200 000 logements rendus disponibles pour faciliter l’insertion des pensionnaires des centres d’hébergement et nouveauté présidentielle, loger les salariés en mutation professionnelle.

On humanise et on dynamise, solidarité et compétitivité deviennent possibles, le modèle social-libéral trouve une réalité.

L’articulation des mesures se poursuit avec les places libérées dans les centres d’hébergement qui s’ouvrent pour les SDF ou au moins pour tous ceux qui accepteront de quitter la rue.

Les opérateurs : les organismes HLM, on les secoue, une évaluation de leur activité est clairement proposée autour de leur capacité de production, de rénovation, de vente et de promotion de programmes immobiliers en accession à la propriété au profit du plus grand nombre.

Si certains organismes HLM manquent de moyens, il est clairement imaginé qu’ils puissent bénéficier des capacités financières de ceux qui ne font rien et qui disposent d’un bas de laine substantiel. On les appelaient jadis les dodus inactifs.

Point d’orgue du raisonnement, une modération de l’évolution des loyers rattachée à l’inflation générale et donc déconnectée des coûts de la construction.

La capacité d’investissement de ces organismes n’en sera pas plus affectée puisque ce manque à gagner sera compensé par les plus-values sur les ventes qui elles, évoluent avec les prix de l’immobilier qui galopent au-delà de l’évolution des coûts de construction.

Bravo l’artiste, même l’urbanisme est revisité en rappelant que la ville doit être plus dense au centre qu’en périphérie où la maison de ville est mise à l’honneur.

Sur cette question , le doute perce cependant avec un recours affiché à l’imagination administrative de Borloo 2 qui devra par ordonnance (excusez du peu) libérer les forces de l’urbanisation pour desserrer l’étau foncier et permettre une réelle fluidité du marché du logement..

Il serait sans doute excessif de considérer le Président déjà battu sur ce terrain et pourtant même réformé en urgence l’urbanisme est une activité à forte inertie. En admettant même, qu’il arrive à convaincre et que la bureaucratie ne le mange pas, seul son successeur pourra éventuellement tirer profit de ces réformes.

Dans le même temps les collectivités locales mettront tout en œuvre pour ne pas faire ou pour se hâter lentement tant la protection des avantages acquis, de ceux qui habitent par rapport à ceux qui s’installent et la répulsion de la grande pauvreté les guident dans leurs choix politiques.

Sur la plupart des territoires les élections municipales prochaines renforceront encore cette situation avec des programmes qui à l’instar des propos déjà anciens de J.M. Le Pen privilégieront le fils sur le voisin et le voisin sur l’étranger.

S’il fallait en trouver une, une voie existe peut être encore pour passer outre ces fortes contraintes.

L’Etat tant qu’il bénéficie de sa légitimité politique récemment acquise, autrement dit tant que l’opinion ne se sera pas retournée, peut reprendre le leadership afin d’assurer la satisfaction des besoins en logements.

Fondant son action sur l’autorité des préfets et sur leur capacité partielle mais réelle à mobiliser certains corps intermédiaires comme les organismes HLM, les associations et les partenaires sociaux mais également les opérateurs immobiliers privés, l’Etat en usant de quelques mesures exceptionnelles doit pouvoir engager des actions d’urbanisation ultra-volontaristes susceptibles d’une part de débloquer le marché mais également de répondre aux aspirations des populations sur chaque territoire.


Grand paradoxe que d’en appeler à l’Etat pour résoudre des crises locales, mais n’oublions pas que les grands défis de l’extension des droits fondamentaux, comme la scolarisation obligatoire, ont toujours emprunter ce chemin dans notre pays, quitte à lâcher la bride de l’autonomie des collectivités une fois un nouvel équilibre revenu.

dimanche 9 décembre 2007

Pouvoir d’achat: mutualiser les coûts d'accès aux nouvelles technologies


Le pouvoir d’achat est au centre des préoccupations des français. Malgré tous ses efforts le gouvernement peine à agir rapidement sur cette question et les mesures annoncées ont un impact faible sur le revenu des ménages.

Parmi ces mesures le découplage entre l’indice du coût de la construction et l’évolution des loyers constitue une mesure phare, elle rapportera en 2008 entre 3 et 5 euros par mois aux heureux bénéficiaires.

Les propriétaires auront leurs revenus amputés d’autant au risque d'affecter l’activité immobilière dans son ensemble.

Si l’on souhaite réellement accroître le pouvoir d’achat sans pénaliser spécifiquement un secteur économique, il convient de rechercher les activités où un autre mode d’organisation du marché peut aboutir à des économies réelles, à la fois pour les opérateurs et pour les consommateurs.

Permettre partout où c’est possible aux consommateurs de bénéficier de prix de gros constitue une piste à approfondir sans cesse. Les nouvelles technologies offrent de ce point de vue des gisements inexploités.

Internet, TV, téléphone illimité sur les fixes 29,90€, nous connaissons tous l’offre, nous oublions en revanche que dans les mêmes immeubles nous payons pour nos relevés EDF, nos relevés d’eau, la maintenance des ascenseurs ou des portes d’entrées.

Un autre modèle est possible il a été exploré par plusieurs organismes HLM et par des sociétés spécialisées.

Il consiste à positionner les organismes bailleurs, sociaux ou non, ou les copropriétés, comme fournisseurs de services Internet globaux incluant un service raisonnablement étoffé en TV, téléphone et Internet et donc de les inciter à créer au sein de leurs immeubles un réseau multiservices.

Ces réseaux peuvent être créés de toutes pièces ou tirer profit des réseaux précédemment déployés (réseau électrique, coaxial).

Ils peuvent également intégrer le relevé des consommations (EDF, eau chaude et froide, gaz) et diverses actions de maintenance ou prévention visant notamment la diminution des consommations et la prise en compte voire la correction immédiate des dysfonctionnements techniques ( fuites, appareil électrique défectueux) comme l'exige l'engagement nécessaire de tous en faveur du développement durable.

Alors faisons les comptes ; Internet TV téléphone en secteur dégroupé 30 €, relevé des compteurs d’eau 3€, relevé électrique à négocier avec les opérateurs 3€, diminution des coûts de maintenance et d’alerte sur les équipements techniques récupérables sur les locataires ou à la charge des propriétaires 5€, impact sur les sur-consommations (eau, électricité, chauffage) estimé a minima à 10 €, soit un total de 51€ par mois.

Pour un service raisonnable Internet 512 K, 40 chaines de TV dont la TNT, un n° d’appel téléphonique sur combiné fixe complémentaire au portable qu’il faudra dans tous les cas payer ainsi que les services de gestion des consommations évoqués, l’achat en gros s’établit en dessous de 10€ mensuel, l’amortissement du coût d’investissement sur les réseaux s’établit entre 3 et 5€ par logement et par mois.

Le gain potentiel de pouvoir d’achat s’établit donc à 35 minimum par mois instantanément ce qui n’est pas rien.

Ce gain étant forfaitaire il avantage relativement les bas revenus et les jeunes qui surconsomment les nouvelles technologies.

L’accès au NTIC est dans le même temps égalisé ce qui contribue à limiter la fracture sociale numérique.

Pour les opérateurs traditionnels il s’agit d’un autre modèle qui n’induit pas forcément une diminution de la profitabilité. Les dépenses de marketing, les coûts de facturation, la gestion des impayés se trouvent en effet considérablement atténués par une facturation globale à l'opérateur immobilier qui répercute cette dépense dans les charges de copropriété ou dans les loyers.

Avec un accroissement de la pénétration de réseaux efficaces dans les logements ils retrouvent également des capacités à développer avec les collectivités territoriales de nouveaux services économes pour la collectivité autour du maintien à domicile, de la formation ou du travail à distance.

Réduire l'importance des circuits de distibution, user des capacités de mutualisation d'un service, intégrer les services entre eux, autant de possibilités offertes par les nouvelles technologies.

Dans les immeubles collectifs, ou dans les ensembles pavillonnaires gérés collectivement, qu'ils s'agissent d'ensemble locatif ou de copropriété, l'achat en gros crée de réelles opportunités d'économie et d'égalisation de la qualité du service.

Dans le cas des nouvelles technologies le gain peut être important et immédiat pour un grand nombre de ménages, il peut également contribuer à lutter efficacement contre la pauvreté.