dimanche 18 mai 2008

L'urbanisation centrifuge



L'urbanisme et les urbanistes en travaillant sur un espace fragmenté par un nombre excessif de communes conçues comme de unités cohérentes, ce qu'elles ne sont pas, renvoient de plus en plus loin l'urbanisation.
Les données SITADEL (le dispositif statistique du ministère du développement durable) met en évidence l'évolution de l'urbanisation en milieu rural et dans les unités urbaines de moins de 5000 habitants où 43,5% des logements ont été autorisés en 2006 pour 27,5% en 1994.

En nombre l'évolution est encore plus significative puisqu'il s'agit de 173000 logements à comparer au 77000 autorisés en 1994.
Cette situation constitue une réponse cruelle au discours ambiant sur un urbanisme soucieux de limiter l'étalement urbain.En fait l'urbanisme, en protègeant excessivement le tissu urbain existant des agglomérations importantes contre l'urbanisation nouvelle génèrent une croissance trés consommatrice d'énergie et d'espace.

La direction régionale de l'équipement des Pays de Loire dans un document de synthèse sur l'urbanisation met clairement en évidence cette propension des territoires à s'urbaniser loin des villes.
Cettte exclusion des nouveaux arrivants des espaces urbains constitués s'accompagne d'une discrimination sociale. L'espace rural concentre en effet les logements construits à l'aide de prêts à taux zéro et le logement social qui y évolue plus vite en proportion.


Nous savons par ailleurs que le prix des maisons est d'autant plus élevé à la construction que le prix des terrains d'assiette était élevé.
Le paradoxe de la grande maison sur le grand terrain dans la grande ville, et de la petite maison sur un petit terrain en campagne nous guette.Les agglomérations ne s'émeuvent guère du phénomène si ce n'est pour regretter les bouchons aux entrées de ville aux heures d'embauche. Elles négligent la rationalité d'utilisation des équipements publics structurant en les réservant aux habitants qui priment toujours sur l'arrivant.Elles s'inquiètent également des fermetures de classes qui font bizarrement echo aux ouvertures en zone rurale dans une arythmétique affectée par l'émiettement des écoles dans des zones peu peuplées.

Qu'en est-il de Paris ou plutôt du territoire aggloméré parisien, le futur grand paris peut-être? Un comble, comme souvent + de 38000 logements construits en 1994 soit 14% des logements construits nationalement, moins de 30000 en 2006 représentant 7,40% du total.

Qu'en conclure si ce n'est que la grande centrifugeuse de l'urbanisme marche à plein malgré la bien-pensance et les discours et que seule la décohabitation de plus en plus difficile faute de logements continue d'agréger les populations au plus prés des lieux d'habitation constitués.

Pour la mise en place de normes énergétiques dans l’habitat qui tiennent compte des usages.




En lien avec la transposition de la directive européenne sur la performance des bâtiments, la contrainte énergétique a été accrue sur les professionnels et les consommateurs.
Dans le domaine du logement un étiquetage énergétique à l’instar de l’électroménager ou des véhicules a vu le jour.
Prenant la forme de diagnostic de performance énergétique (DPE), cette classification tient compte de la consommation énergétique globale de chaque logement.Sont notamment pris en compte l’énergie nécessaire au chauffage, à la production d’eau chaude sanitaire mais également l’ensemble des consommations énergétiques de l’habitation (éclairage, cuisine, équipement technique, électroménager).

Cette prise en compte, certes globale, rend peu lisible pour le consommateur la situation énergétique réelle du logement qu’il occupe.
Il aura également des difficultés à relier la classification énergétique de son logement avec les coûts réels qu’il observe. Au-delà de cette confusion dans l’appréhension de la gestion de l’énergie, l’incompréhension du consommateur est renforcée par la manière dont sont prises en compte les mode de production de chauffage.

En effet la nature du combustible modifie considérablement la présentation des résultats. Le chauffage électrique se trouve en effet pénalisé par le mode de calcul en kw/h et favorisé en matière d’émission de CO2. Comment doit-on en pareil cas effectuer son choix ? Pour un logement équivalent, on obtient donc des résultats très différents dont l’interprétation reste difficile et contradictoire.

La responsabilité sociale et environnementale oblige à intervenir dans ce processus d’information et de sensibilisation des consommateurs de telle sorte que soit promue une classification de la qualité intrinsèque de chaque logement fondée pour l’essentiel sur son niveau d’isolation. Au rythme actuel des démolitions un logement semble avoir une durée de vie de 3 à 400 ans. Quelle est la durée de vie d’un système de chauffage ?
Cette classification nous la souhaitons réaliste et respectueuse des comportements réels des locataires ou des propriétaires occupants.

Nous souhaitons notamment qu’au-delà du calcul théorique, la réalité et les nécessités de la ventilation des logements soient prises en compte.
Les études que nous avons menées montrent en effet que les occupants d’un logement ouvrent leur fenêtre y compris pendant les périodes de chauffe de 1 à 2 heures par jour et ce quel que soit le mode de renouvellement d’air du logement (naturel, mécanique, hygro-réglable).
Nos enquêtes ayant été menées simultanément en France et en Allemagne, nous constatons d’ailleurs sur ce sujet des comportements convergents.Il en résulte que les taux de renouvellement d’air des logements sont significativement supérieurs au calcul théorique.

En ne prenant pas en compte des comportements aussi basiques les calculs théoriques minorent les consommations et faussent le jugement quant aux temps de retour réels des investissements préconisés.
Le décalage s’accroît encore dès lors qu’un bâtiment est plus économe en énergie, la quote-part des déperditions énergétiques strictement lié au renouvellement de l’air augmentant avec l’isolation du bâtiment.
A titre d’exemple sur un logement dit passif énergétiquement ou consommant globalement moins de 50kw/h la prise en compte d’une ouverture de fenêtre dans un logement moyen aboutit à multiplier par 2 la consommation de chauffage.

Doit-on pour autant conseiller aux occupants de vivre toutes fenêtres fermées ?
Rien n’est moins sûr car des voix commencent à s’élever pour alerter les constructeurs au sujet de la pollution intérieure des logements et de la nécessité de maintenir un taux de renouvellement d’air qui permettent d'en limiter les effets.Là encore la responsabilité sociale et environnementale nous incite à contribuer à une évolution réaliste de l’analyse de la qualité énergétique des logements.

Nous proposons qu’à coté des normes existantes soit mis en place en France un véritable indicateur de la qualité énergétique des logements qui tiennent compte du comportement des occupants, de la réalité des coûts (investissement, coût de l’énergie et de la maintenance) et de la préservation de la santé dans le logement.
A ce titre nous devons travailler sur la mise en place d’un cadre visant à rendre lisible la situation de chaque logement pour les habitants. Nous souhaitons ainsi permettre aux constructeurs, à leurs financeurs et notamment l’Etat et aux collectivités locales d’asseoir leurs décisions sur des prévisions de consommations correspondant effectivement aux réalités observées.
Cette préoccupation paraît seule de nature à fonder durablement un processus raisonné visant l’économie des ressources finis et la lutte contre le réchauffement climatique.